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Scholastique Mukasonga a écrit ce livre en mémoire de sa mère Stefania massacrée par les Hutu. Chaque chapitre est consacré à un sujet bien précis : le sorgho, les petits remèdes " maison ", le pain, le mariage de son frère Antoine et les conseils que donnait Stefania aux jeunes filles en âge de se marier - car la mère de Scholastique était une " marieuse" réputée -, les séances d'épouillage du dimanche... À ces souvenirs du paradis perdu se mêlent d'autres images plus terribles, celles de la déportation - les Tutsi sont qualifiés de personnes " déplacées " -, l'anxiété perpétuelle de Stefania qui essaie de repérer des cachettes sûres pour ses enfants, les irruptions régulières de la soldatesque ivre, et il n'est pas jusqu'à la définition de la beauté selon les Tutsi - " un petit nez " - qui ne rappelle le génocide : " ce petit nez qui décida de la mort de tant de Rwandais "...Comme dans son livre précédent, Inyenzi, Scholastique Mukasonga raconte le génocide avec une grande sobriété mais aussi beaucoup de précision, et même de poésie dans l'évocation des temps heureux où, malgré la peur et les privations, la mère était encore là.